De Houston à la France, en passant par Buenos Aires
Voici l'histoire d'un couple franco-argentin, qu'Eddy a bien voulu me transmettre cet après-midi :
"Claudio, argentin, et moi, français, nous nous sommes rencontrés à Houston au Texas, le 31 mai 2003 alors que nous y vivions tous deux illégalement. Nous sommes restés ensmble sans trop y croire, puisque étant de deux cultures aussi différentes l'une que l'autre, nous ne pensions pas que notre histoire continuerait. Pourtant, ça a bien fonctionné, la preuve !
En novembre 2004, nous en avions assez du Texas (réélection oblige !), nous sommes alors partis pour l'Argentine. Grossière erreur !
Nous y avons ouvert un cyber, un vidéo store et une épicerie ; la plupart des bénéfices ont servi à rembourser les dégats causés par les cambriolages. A la dernière agression dont nous avons été victimes au magasin, Claudio s'est pris un coup de couteau.
On a dit "stop", on va en France, ça ne sera peut-être pas mieux, mais ça ne pourra pas être pire ! Le consulat francais m'a dit qu'un "visa visiteur" serait le mieux pour mon partenaire, mais que si l'on se pacsait, se serait encore mieux pour l'obtenir.
Il nous a fallu environ 4 mois pour obtenir tous les papiers nécessaires pour le pacs. Il a même fallu que je rentre en France en recupérer certains, puis que je retourne en Argentine. Une fois de retour, il nous manquait toujours le fameux "certificat de coutume", un document prouvant que Claudio est bien majeur dans son pays, alors qu'on avait aussi besoin de son passeport ou identité et de son certificat de naissance, ça devait bien prouver qu'il était majeur, non ? Toutefois, il nous fallait ce certificat.
La préfecture Argentine ne le connait pas, j'ai appellé donc le consulat qui m'a répondu "c'est un papier qui n'existe pas, il faut le créer par le biais d'un notaire". On a donc couru chez un notaire, car certains des documents nécessaires pour le pacs, "expirent" au bout d'un mois !
Une fois l'acte notarié en mains, il nous a fallu le faire traduire par une personne agréée par le consulat, puis le ramener chez un notaire afin de légaliser la traduction ($$$$$). Nous nous sommes pacsés tant bien que mal.
Nous avons entrepris alors, la demande du "visa visiteur". Il nous a fallu de juin à octobre pour tout réunir !!! Là encore, on nous a mis des bâtons dans les roues et fait débourser pas mal d'argent. Nous avons finalement déposé notre dossier au consulat francais de Buenos Aires, le 20 octobre, et le 27 suivant, nous recevions déjà une lettre des autorités françaises nous refusant le visa de Claudio !

Pour une fois, la poste et l'administration francaise ont été très rapides. Sur la lettre, on pouvait lire en grosses lettres, sous le drapeau francais : "Liberté, Egalité, Fraternité" ! Puis il y avait cette fameuse "formule magique" pour mieux accepter notre humiliation : "je vous prie d'agréer mes salutations distinguées." C'est vrai qu'on se sent mieux maintenant, on a reçu ses salutations !?!
La seule chose qu'il nous restait à faire, était de faire appel, puisque après avoir dépensé près de 1000 euros pour rien, autant valait mieux faire appel. Le consulat m'a alors répondu que, s'il y avait une réponse négative une seconde fois, elle serait aussi rapide que la première. Nous avons donc fait appel dès le lendemain, le 28 novembre, mais nous avons cette fois attendu jusqu'au 26 décembre (!)... Et la réponse était encore une fois négative !
Bien entendu, nous avions anticipé cette possibilité. Je suis par conséquent rentré en France début décembre, afin de m'y installer, et Claudio est donc resté là-bas, le temps de vendre nos affaires et notre business...
Claudio vient me rejoindre dans quelques temps pour des "vacances" !
Voilà donc où l'on est obligé d'en arriver, alors que nous voulions faire les choses comme il faut, sur l'avis du consulat qui nous disait que le visa ne serait pas refusé... (!)
Quel sera donc le futur de notre couple, alors que nous nous aimons, et que nous sommes ensemble depuis deux ans et demi ? Quel sera donc le futur de notre couple, je vous le demande, alors que notre seul désir est de vivre tranquillement ensemble ?"
Merci mille fois de ton témoignage, Eddy... Il faut que les gens sachent quelle galère nous vivons, nous couples homosexuels binationaux !
"Claudio, argentin, et moi, français, nous nous sommes rencontrés à Houston au Texas, le 31 mai 2003 alors que nous y vivions tous deux illégalement. Nous sommes restés ensmble sans trop y croire, puisque étant de deux cultures aussi différentes l'une que l'autre, nous ne pensions pas que notre histoire continuerait. Pourtant, ça a bien fonctionné, la preuve !

En novembre 2004, nous en avions assez du Texas (réélection oblige !), nous sommes alors partis pour l'Argentine. Grossière erreur !
Nous y avons ouvert un cyber, un vidéo store et une épicerie ; la plupart des bénéfices ont servi à rembourser les dégats causés par les cambriolages. A la dernière agression dont nous avons été victimes au magasin, Claudio s'est pris un coup de couteau.
On a dit "stop", on va en France, ça ne sera peut-être pas mieux, mais ça ne pourra pas être pire ! Le consulat francais m'a dit qu'un "visa visiteur" serait le mieux pour mon partenaire, mais que si l'on se pacsait, se serait encore mieux pour l'obtenir.
Il nous a fallu environ 4 mois pour obtenir tous les papiers nécessaires pour le pacs. Il a même fallu que je rentre en France en recupérer certains, puis que je retourne en Argentine. Une fois de retour, il nous manquait toujours le fameux "certificat de coutume", un document prouvant que Claudio est bien majeur dans son pays, alors qu'on avait aussi besoin de son passeport ou identité et de son certificat de naissance, ça devait bien prouver qu'il était majeur, non ? Toutefois, il nous fallait ce certificat.
La préfecture Argentine ne le connait pas, j'ai appellé donc le consulat qui m'a répondu "c'est un papier qui n'existe pas, il faut le créer par le biais d'un notaire". On a donc couru chez un notaire, car certains des documents nécessaires pour le pacs, "expirent" au bout d'un mois !
Une fois l'acte notarié en mains, il nous a fallu le faire traduire par une personne agréée par le consulat, puis le ramener chez un notaire afin de légaliser la traduction ($$$$$). Nous nous sommes pacsés tant bien que mal.
Nous avons entrepris alors, la demande du "visa visiteur". Il nous a fallu de juin à octobre pour tout réunir !!! Là encore, on nous a mis des bâtons dans les roues et fait débourser pas mal d'argent. Nous avons finalement déposé notre dossier au consulat francais de Buenos Aires, le 20 octobre, et le 27 suivant, nous recevions déjà une lettre des autorités françaises nous refusant le visa de Claudio !

Pour une fois, la poste et l'administration francaise ont été très rapides. Sur la lettre, on pouvait lire en grosses lettres, sous le drapeau francais : "Liberté, Egalité, Fraternité" ! Puis il y avait cette fameuse "formule magique" pour mieux accepter notre humiliation : "je vous prie d'agréer mes salutations distinguées." C'est vrai qu'on se sent mieux maintenant, on a reçu ses salutations !?!
La seule chose qu'il nous restait à faire, était de faire appel, puisque après avoir dépensé près de 1000 euros pour rien, autant valait mieux faire appel. Le consulat m'a alors répondu que, s'il y avait une réponse négative une seconde fois, elle serait aussi rapide que la première. Nous avons donc fait appel dès le lendemain, le 28 novembre, mais nous avons cette fois attendu jusqu'au 26 décembre (!)... Et la réponse était encore une fois négative !
Bien entendu, nous avions anticipé cette possibilité. Je suis par conséquent rentré en France début décembre, afin de m'y installer, et Claudio est donc resté là-bas, le temps de vendre nos affaires et notre business...
Claudio vient me rejoindre dans quelques temps pour des "vacances" !
Voilà donc où l'on est obligé d'en arriver, alors que nous voulions faire les choses comme il faut, sur l'avis du consulat qui nous disait que le visa ne serait pas refusé... (!)
Quel sera donc le futur de notre couple, alors que nous nous aimons, et que nous sommes ensemble depuis deux ans et demi ? Quel sera donc le futur de notre couple, je vous le demande, alors que notre seul désir est de vivre tranquillement ensemble ?"
Merci mille fois de ton témoignage, Eddy... Il faut que les gens sachent quelle galère nous vivons, nous couples homosexuels binationaux !
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